Dix mois que je tenais le coup, dix mois que j’essayais tant bien que mal de cacher ma dépression.
Un événement traumatisant mais pourtant banal avait changé ma vie, un IVG , un truc tout bête on avale 2 pilules et 2 anti douleurs dans son lit , on a ses règles et c’est fini. Le lendemain j’allais bosser. Personne ne pouvait deviner.
J’ai connu toutes les douleurs du dépressif. Tout ce qui, je le pensais, ne pourrait jamais m’arriver à moi.
Les insomnies, les boules d’angoisse qui me donnaient la nausée, les larmes dans le tramway qui me conduisait au boulot , un autisme vis-à-vis des gens, des réveils matinaux qu’on ne peut calmer qu’a coups de lexomil.
Ma psychiatre me recevait dans un état lamentable, une petite fille apeurée, elle voulait m’arrêter je ne voulais pas. Surtout ne pas m’arrêter de bosser, ne pas avouer à l’homme de ma vie que je depressionnais, je pensais a lui avant de penser à moi.
Il me quitterait s’il savait. Mais vous ne comprenez donc pas ?????
Je voulais aller au boulot, même si c’était pour me planquer et pleurer aux toilettes du 1er étage qui sont toujours vides. Tout mais ne pas perdre l’estime de ma chef en m’arrêtant, ne pas refiler mon boulot a mes collègues si sympas.
Dans mon enfance j’avais souvent entendues les phrases type de ceux qui n’ont pas connu cette maladie « ce sont des gens qui se laissent aller », pauvres cons, tout me demandait un effort surhumain, me lever , m’habiller, aller au boulot , dire bonjour , me concentrer.
J’ai tenu 10 mois , au bout de 10 mois ma chef m’a pris a part, « tu deviens agressive, ça ne va plus fais quelque chose » Il est vrai que je ne pouvais plus me concentrer, je me demandais toutes les minutes ce que j’étais en train de faire , avoir une conversation téléphonique professionnelle devenait difficile.
J’ai pleuré, pris un rendez vous en urgence chez ma psychiatre qui m’a dit « maintenant ca suffit, je vous conseille fortement l’hospitalisation »
J’ai réfléchi moins de 24 h et j’ai dit oui.
Ca a été une lourde décision a prendre, je passais par la case folle, mais je voulais m’en sortir absolument, tout essayer mais arrêter de souffrir comme ca, de plus en plus intensément.
Voila comment j’ai atterrie en clinique psychiatrique.
Dorothy
dimanche 17 août 2008
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